Questionnements et incertitudes après 8 mois de voyage

Questionnements et incertitudes après 8 mois de voyage

Voyager est un rêve que l’on peut chérir pendant bien longtemps avant de se lancer…ou pas. On se pose nos propres barrières et ce sont celles-ci qui sont les plus dures à faire tomber. Se convaincre soi-même est une tâche ardue…compliquée d’argumenter avec soi-même pour faire évoluer la discussion ! Il est toujours possible de trouver des raisons pour lesquelles on devrait rester bien tranquillement chez soi : un travail, des amis, un ou une petit-ami(e), la peur de l’inconnu, etc… Mais il se trouve que nous avons tous besoin de sortir de notre zone de confort à un moment ou à un autre, peu importe la vie que l’on mène ou l’âge que l’on a.

Sur la routeIl n’y a pas de temps spécifique pour se découvrir ou apprendre qui on est vraiment ou assouvir ce besoin de liberté qui peut nous étreindre. J’ai eu l’occasion de rencontrer des voyageurs de tout âge et certains ont tout arrêté pour partir avec leur sac à dos alors même qu’ils avaient un bon boulot ou une entreprise. Je me souviens de cet australien qui a littéralement tout vendu à l’âge de 38 ans pour partir sur la route : entreprise, maison, meubles. La sensation que l’on peut ressentir, ce besoin de renouveau, de découverte de soi ou du monde, est difficile à refreiner. Cela finit toujours par nous rattraper !
Depuis que je suis parti, j’ai la sensation d’avoir appris plus de choses sur moi, la personne que je veux être dans ma vie, que lors des quelques années passées. J’ai rencontré un grand nombre de personnes, certaines que j’ai appréciées d’autres non, qui m’ont confronté à des situations de vie et d’échange culturel intense. Il est clair que depuis mon départ, j’ai la sensation que des centaines de portes se sont ouvertes devant moi.
pêcheur sur la merVoyager permet d’apprendre des choses sur soi mais également d’acquérir tout un tas de compétences que vous n’auriez jamais pris le temps d’apprendre autrement. Cela peut être des savoirs de vie comme cuisiner des plats typiques ou apprendre à danser, comme des compétences professionnelles telles que l’accueil de clients dans une auberge, le travail de la terre dans une ferme ou encore la construction d’édifice vert en torchis. De nombreuses possibilités existent aujourd’hui grâce au développement de volontariats dans de divers endroits et propulsés à l’international grâce à des sites web comme helpx, workaway ou wwoofing.
Le voyage est propice à la réflexion mais l’on ne se rend pas toujours compte de cela sans l’avoir vécu réellement. Cela fait partie de ces expériences que l’on peut rêver, imaginer mais dont la réalité est complètement différente. Se retrouver en face de personnes que vous ne connaissez pas et/ou que vous ne comprenez pas, oblige à prendre du recul sur soi pour s’adapter aux situations incongrues qui peuvent se présenter. On se demande ce qui nous retient chez nous.
– Avons-nous une raison de rentrer ?
– Et pourquoi ne pas rester vivre dans cette ville que j’apprécie tant ?
– Est-ce que je veux vraiment avoir une vie « comme tout le monde » ?
Courcher de soleil à TagangaAujourd’hui j’ai la sensation d’être confronté à des choix de vies dont l’impact peut être suffisamment fort pour orienter ma vie d’un côté ou de l’autre. Je réfléchis par exemple à passer un Dive Master (degré de plongée) qui me permettrait de pouvoir travailler sur toutes les plages du monde. Je me suis aussi imaginé, installé dans une ville développant des projets culturels et sociaux ; il y a tant à faire en Amérique du sud. Et pourquoi ne pas tenter l’ouverture d’une auberge de jeunesse dans un pays ou dans un autre, cela permet de rencontrer de nombreux voyageurs, d’échanger culturellement et c’est un super travail « avec l’autre ».
Toutes ces possibilités qui fleurissent dans mon esprit ont un point commun : Si cela se réalise, je ne retournerai plus « chez moi » pendant une très longue période.
– Est-ce que j’ai vraiment envie de quitter mon pays pour une vie de nomade ?
– Vivre en voyageant permet certes de découvrir le monde et de faire de sa vie une aventure constante mais combien de temps cela peut-il durer ?
A chaque fois que je discute de ces questionnements avec d’autres voyageurs, il y a un terme qui revient très souvent, celui de la « vie réelle » ou de la « vraie vie ». Nombreux sont ceux qui en fin de voyage disent retourner à la « vraie vie » après un break de plusieurs mois.
Je pense que tout le problème peut se résumer à cela : qu’est-ce que la « vraie vie » ?
J’ai l’impression que pour beaucoup, la vraie vie c’est de s’installer dans la société, prendre un travail, une maison, avoir une famille et vivre sa routine. Mais et si vivre c’était tout simplement la vie quotidienne, respirer, manger, bouger. Une personne m’a dit que le voyage nous permet de fuir la réalité, je ne suis pas d’accord. Aujourd’hui j’ai plus la sensation que c’est la société qui fuit la réalité du monde et refuse de voir où sont les réels problèmes. Pour autant je ne peux cesser de me demander si j’ai vraiment envie d’une vie dans la société d’aujourd’hui et si non comment faire et quelle en sera la forme ?

Voilà plusieurs mois que je me pose toutes ces questions dont je ne trouve pas encore les réponses. Peut-être pourrez-vous m’apporter des éléments de réponse ?

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Ecrit par:

Cyril

2 Commentaires

  1. lionel -  28 avril 2015 - 10 h 30 min (Your Comment is Under Moderation)

    salut Cyril ! je trouve que tes questionnements au terme de ces quelques mois de voyages sont parfaitement normaux. Soudainement, quelque part, un beau, jour, on se rend compte qu’on est heureux…quelque soit la forme de Vie que tu as choisie, celle dite « vraie vie  » et l’autre faite de voyage, de rencontre, de questionnement. Je te rassure, même dans une « vie routinière », je me pose tout un tas de questions sur ma place, ceux que j’apprends, ce que j’observe, de quoi ai-je envie…de la richesse des rencontres qui font que chaque jour nous nous construisons ! belle continuation, et surtout : même si nous ne trouvons pas les réponses que ce soit à 20, 30 ou 70 ans, la richesse est que nous sommes en permanence en quête de soi, de sens !

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    • Cyril -  29 avril 2015 - 1 h 45 min (Your Comment is Under Moderation)

      « la richesse est que nous sommes en permanence en quête de soi, de sens ! ». Je pense que tout peut se resumer la dedans ! Je suis d’accord avec le fait que l’on se pose tous des questions sur soi, sur ce que l’on veut vraiment peu importe la vie que l’on mene. J’ai la sensation que voyager, du fait de la multiplication des rencontres on se trouve face a des « vies » que l’on aurait surement pas rencontre autrement et cela intensifie le questionnement de soi. La decouverte de toutes les nouveautes du monde ne fait que renforcer cette sensation que nos choix ne sont pas limite a ce que nous pensons connaitre (J’ecris depuis un cyber-cafe en Colombie, manque des accents ! )

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